Transition(s) 2050

4 scénarios
pour atteindre
la neutralité
carbone

La neutralité carbone à l’horizon 2050 appartient désormais au langage commun.

Si sa définition est à peu près partagée, le chemin pour l’atteindre reste encore flou, voire inconnu, pour la plupart des décideurs et des citoyens. Or, face à l’urgence climatique, les changements à opérer sont d’une telle ampleur qu’il est indispensable d’accélérer les débats dès maintenant, compte tenu des délais de prise de décisions dans un cadre démocratique, comme de ceux de leur mise en œuvre.

C'est pourquoi l’ADEME a souhaité soumettre au débat quatre chemins « types », cohérents et contrastés pour conduire la France vers la neutralité carbone.

Cet exercice de prospective inédit repose sur deux ans de travaux d’élaboration, la mobilisation d’une centaine de collaborateurs de l’ADEME et des échanges réguliers avec un comité scientifique et des partenaires et prestataires extérieurs, spécialistes des différents domaines.

Découvrez les 4 scénarios

Imaginés pour la France métropolitaine, ils reposent sur les mêmes données macroéconomiques, démographiques et d’évolution climatique (+2,1 °C en 2100). Ils aboutissent tous à la neutralité carbone du pays, mais empruntent des voies distinctes et correspondent à des choix de société différents.

9 enseignements pour un futur neutre en carbone

  • 01

    Les quatre voies présentées, chacune dotée de sa propre cohérence, permettent à la France d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Mais toutes sont difficiles et nécessitent une planification orchestrée des transformations, associant État, territoires, acteurs économiques et citoyens.

  • 02

    Atteindre la neutralité repose sur des paris forts, aussi bien sur le plan humain (changements de comportements) que technologique (puits de carbone en particulier). Tous les scénarios comportent donc une part de risque. Mais tous n’entraînent pas les mêmes conséquences environnementales, sociales et économiques.

  • 03

    Pour tous les scénarios, il est impératif d’agir rapidement : les transformations socio-techniques à mener sont d’une telle ampleur qu’elles mettront du temps à produire leurs effets. Il faut entreprendre dès cette décennie la planification et la transformation profonde des modes de consommation, de l’aménagement du territoire, des technologies et des investissements productifs.

  • 04

    La réduction de la demande en énergie, elle-même liée à la demande de biens et de services, est le facteur clé pour atteindre la neutralité carbone. Cette réduction peut aller de 23% à 55 % par rapport à 2015 suivant les scénarios, chacun reposant sur un équilibre différent entre sobriété et efficacité énergétique.

  • 05

    L’industrie va devoir se transformer non seulement pour s’adapter à une demande en profonde mutation mais également pour décarboner sa production. Cela nécessitera des plans d’investissements de grande ampleur et un effort de l’ensemble de la société pour accompagner les territoires en mutation et former les salariés aux nouveaux métiers.

  • 06

    Le vivant est l’un des atouts principaux de cette transition, permettant de combiner trois leviers stratégiques : le stockage de carbone, la production de biomasse et la réduction des gaz à effet de serre. Il est donc indispensable de maintenir un équilibre entre les usages alimentaires et énergétiques de la biomasse avec la préservation des fonctions écologiques, comme la biodiversité et le stockage de carbone, grâce à une approche globale de la bioéconomie.

  • 07

    L’adaptation des forêts et de l’agriculture devient donc absolument prioritaire pour lutter contre le changement climatique. La résilience des écosystèmes est d’autant plus cruciale qu’ils en subissent de plus en plus fortement les impacts.

  • 08

    La pression sur les ressources naturelles varie considérablement d’un scénario à l’autre. C’est particulièrement le cas pour l’eau d’irrigation ou les matériaux de construction, dont les volumes consommés varient d’un facteur 2 entre certains scénarios.

  • 09

    Dans tous les scénarios, en 2050 l’approvisionnement énergétique repose à plus de 70% sur les énergies renouvelables et l’électricité est le principal vecteur énergétique. Pour autant, cela ne peut en aucun cas légitimer le gaspillage d’énergies, afin de limiter la pression sur les ressources.

Le résumé exécutif

5 problématiques à mettre en débat

Sobriété, puits de carbone, régime alimentaire, économie du bâtiment, modèle industriel : quels que soient les choix de société, ces 5 problématiques devront faire l’objet de débats structurants.

Ce que vous trouverez dans le rapport complet

Pour chaque scénario, l’ADEME a construit un récit cohérent, décliné dans chaque secteur économique et social, au travers de variables structurantes. La description des scénarios couvre les secteurs du bâtiment, des mobilités de voyageurs et du transport de marchandises, de l’alimentation, de l’agriculture, des forêts, de l’industrie, des déchets et des services énergétiques (fossiles, bioénergies, gaz, hydrogène, chaleur et électricité).

Les paramètres étudiés couvrent notamment : la demande en énergies ; la consommation d’eau d’irrigation, de matériaux de construction, d’intrants agricoles et l’usage des sols ; la production et la gestion de déchets ; la production d’énergies et la composition du bouquet énergétique ; les importations et exportations ; le bilan des gaz à effet de serre et les puits biologiques et technologiques de CO2.

Découvrez le replay
de la conférence de presse

Le 30 novembre Arnaud Leroy, Président-Directeur général de l’ADEME, Valérie Quiniou, Directrice Exécutive Prospective & Recherche, et David Marchal, Directeur Exécutif Adjoint Expertises et programmes, présentaient le rapport et débattaient de ses principaux enseignements. Retrouvez ces échanges sur YouTube ainsi que les slides de présentation ici.

Les prochaines étapes de ce travail

Ce travail n’est que la première partie d’une série de feuilletons qui seront publiés entre janvier et mars 2022. L’ensemble formera alors un tout qui sera remis en perspective au cours du Grand Défi Écologique, événement organisé par l’ADEME les 29 et 30 mars 2022 à Angers.

Les sujets de ces feuilletons sont les suivants :

  • Analyse du mix électrique
  • Métaux de la transition écologique
  • Évaluations macroéconomiques dont l’emploi et les investissements
  • Analyse des changements des modes de vie, menée à travers l’étude qualitative des regards et perceptions de 31 Français d’horizons différents sur les récits des scénarios
  • Empreinte matière, gaz à effet de serre, ressources et biens de consommation
  • Usage des terres et qualité des sols
  • Adaptation au changement climatique
  • Analyse de l’impact sur quelques filières à enjeux, notamment : « Construction neuve », « Systèmes énergétiques », « Protéines » et « Logistique du dernier kilomètre »
  • Robustesse et vulnérabilités à des chocs
  • Qualité de l'air
  • Territoires (sous la forme d’un guide d’aide à la prospective pour les territoires)
  • Numérique
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